La règle des 90/180 de Schengen expliquée, avec des exemples concrets
Si vous êtes un citoyen non européen qui voyage en Europe sans visa de long séjour, le chiffre qui compte est 90. Le code frontières Schengen (règlement (UE) 2016/399, article 6) autorise un court séjour de 90 jours maximum sur toute période de 180 jours.
Comment fonctionne la fenêtre
« Toute période de 180 jours » n'est pas un semestre fixe. Le calculateur de la Commission européenne le formule ainsi : à partir de chaque jour de votre séjour, vous comptez 180 jours en arrière, et le total ne doit pas dépasser 90. La fenêtre avance d'un jour chaque jour, donc des jours en sortent avec le temps et vous les récupérez un par un.
- Le jour de votre entrée compte comme votre premier jour de séjour et le jour de votre sortie comme votre dernier. Un séjour du 1er au 10 fait dix jours.
- La règle couvre tout l'espace Schengen à la fois, pas chaque pays séparément. Voir la liste des 29 pays.
- Les titulaires d'un titre de séjour ou d'un visa de long séjour ne sont pas soumis à la règle des 90/180, et la Commission précise que ces périodes ne doivent pas être saisies dans son calculateur. Si la vignette de votre visa de court séjour indique moins de 90 jours, cette durée plus courte s'applique.
Exemple 1 : un seul long séjour
Vous restez du 1er mars au 29 mai : 31 + 30 + 29 = 90 jours. Le 29 mai, vous les avez tous utilisés. Jour après jour, le 1er mars ne sort de la fenêtre que 180 jours plus tard, donc le premier jour où vous pouvez entrer à nouveau est le 28 août. Le Secrétariat d'État aux migrations suisse montre les mêmes dates dans son propre exemple.
Exemple 2 : deux voyages
Vous passez du 1er juin au 20 juillet (50 jours) et du 15 septembre au 14 octobre (30 jours). Le 14 octobre, vous avez utilisé 80 jours sur 90. Si vous restez et que vous rentrez à nouveau le 15 octobre, vous pouvez rester au maximum 10 jours de plus, jusqu'au 24 octobre. Les jours de juin ne commencent à sortir de la fenêtre qu'à la fin novembre.
Ce que ce n'est pas
Le décompte est un outil, pas une autorisation. Les agents aux frontières décident à la frontière, et les sanctions en cas de séjour trop long sont fixées par chaque pays. Depuis le 10 avril 2026, le système d'entrée/sortie enregistre chaque passage, donc une erreur n'est plus cachée par un tampon manquant : voir ce que change l'EES.